Le discours de l’enchevêtrement : qui peut démêler cet enchevêtrement ?
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Kāmasuttaniddeso
L’explication du Kāma Sutta dans le Mahāniddesa distingue les objets sensuels du désir sensuel, montre que le désir naît de la pensée, propose une série d’images de mise en garde, et explique les dangers visibles et les dangers cachés dans l’esprit.
Le Niddesa est un texte canonique du Khuddaka Nikāya, dans le Sutta Piṭaka, qui explique mot à mot des discours du Sutta Nipāta. Le Mahāniddesa explique l’Aṭṭhaka Vagga, et le Cūḷaniddesa explique le Pārāyana Vagga et le Khaggavisāṇa Sutta. Dans le Kāma Sutta Niddesa du Mahāniddesa, chaque stance du Kāma Sutta est citée à tour de rôle et chaque terme est développé.
Le Kāma Sutta dit que celui qui obtient le plaisir sensuel qu’il convoite est exalté, mais que lorsque ce plaisir lui échappe, il est terrassé comme par une flèche. La personne attentive évite les plaisirs sensuels comme on évite du pied la tête d’un serpent, et traverse le flot comme quelqu’un qui écope un bateau. Le Niddesa ajoute que la sensualité a deux couches, explique comment les plaisirs sensuels sont perdus, combien il y a de niveaux d’abandon, et ce que signifie « dangers ».
Les explications du Niddesa prennent la forme de longues listes de synonymes ; cette page ne retient donc que les points que l’on peut mettre en pratique.
Le Niddesa divise la sensualité en deux. Les objets sensuels (vatthukāma) sont les formes, sons, odeurs, saveurs et contacts agréables, ainsi que les richesses, les terres, le bétail et les villes. La sensualité-souillure (kilesakāma) est l’attirance, la passion, l’intention, le plaisir et l’attachement qui se portent sur eux.
Quand vous désirez fortement quelque chose, demandez-vous : cette agitation vient-elle de la chose elle-même, ou du désir que j’y ai déversé ?
Le Niddesa cite la stance : « Désir, j’ai vu ta racine ; tu nais de la pensée. Je ne penserai plus à toi, et ainsi tu ne seras plus. »
Quand vous vous surprenez à imaginer encore et encore ce que vous voulez, passez aussitôt à une autre activité, avant que la pensée ne devienne un désir pleinement formé.
Dans la première, les richesses sont perdues de notre vivant : saisies par les rois, volées par les voleurs, brûlées, emportées par les inondations, prises par des parents hostiles, enterrées et jamais retrouvées, perdues par un travail mal géré, dilapidées par un prodigue né dans la famille, et, huitièmement, par l’impermanence. Dans la seconde, les richesses demeurent mais nous mourons et les laissons. Le Niddesa cite une stance disant que celui qui comprend cela doit à la fois user de ses richesses et en donner une part.
En plus d’épargner, réservez une part à utiliser et à apprécier et une part à donner, puisque d’une façon ou d’une autre, vous et vos richesses finirez par vous séparer.
La répression se fait en réfléchissant aux inconvénients des plaisirs sensuels, par des remémorations comme la remémoration du Bouddha, l’attention à la respiration et l’attention à la mort, et par le jhāna. Le tranchage vient du noble sentier, depuis le sentier de l’entrée dans le courant, qui tranche le désir sensuel menant aux mondes inférieurs, jusqu’au sentier de l’état d’arahant, qui le tranche entièrement.
Vous n’avez pas besoin d’attendre qu’il soit tranché. Vaincre une fois un désir en respirant lentement ou en vous rappelant la mort est déjà un entraînement utile à la répression.
Le Niddesa fait réfléchir que les plaisirs sensuels sont comme un squelette, qui procure peu de satisfaction ; comme un morceau de viande, que beaucoup se disputent ; comme une torche d’herbe, qui brûle celui qui la tient ; comme un rêve, qui ne dure qu’un instant ; comme des biens empruntés, qui ne restent avec nous qu’un temps ; comme un arbre chargé de fruits, dont les branches cassent et dont le tronc tombe ; et comme la tête d’un serpent, effrayante.
Choisissez une image qui vous parle, comme « des biens empruntés », et rappelez-la-vous chaque fois que vous êtes sur le point d’acheter quelque chose sur un coup de tête.
Le Niddesa explique « les faibles le terrassent » de deux façons. Dans la première, les souillures sont viles et chétives, et pourtant elles terrassent. Dans la seconde, une personne dépourvue des forces que sont la foi, l’énergie, l’attention, la concentration, la sagesse, la honte morale et la crainte morale est terrassée par les souillures.
Si vous cédez sans cesse à de petites tentations, ne blâmez pas seulement la tentation. Regardez laquelle de vos forces intérieures s’est affaiblie, par exemple à cause du manque de sommeil ou du manque d’attention.
Les dangers visibles sont les bêtes sauvages, les voleurs, la maladie, le froid, la chaleur et la faim. Les dangers cachés sont la mauvaise conduite du corps, de la parole et de l’esprit, les obstacles, la passion, la haine, l’illusion, l’envie, l’avarice, la tromperie et la négligence. Le Niddesa cite les paroles du Bouddha selon lesquelles l’avidité, la haine et l’illusion sont des ennemis intérieurs et des bourreaux intérieurs.
Nous fermons nos maisons à clé et souscrivons une assurance santé contre les dangers visibles. Essayez de consacrer autant de temps aux dangers invisibles, comme une colère qui s’accumule.
Un bateau plein d’eau est lourd ; une fois écopé, il atteint la rive rapidement et sans difficulté. Le Niddesa explique qu’écoper signifie comprendre pleinement les objets sensuels, abandonner la sensualité-souillure et les cinq obstacles, et traverser les quatre flots ; l’autre rive est le Nibbāna. « Toujours attentif » signifie à tout moment de la journée, en toute saison et à chaque étape de la vie.
Chaque soir avant de dormir, écopez un seau : lâchez un désir ou une rancœur de la journée.
Ce en quoi le Niddesa aide le plus, c’est à séparer la chose désirée du fait de la désirer. Certaines choses ne sont pas mauvaises en elles-mêmes ; c’est l’attirance, le plaisir et l’obsession que nous y déversons qui causent la souffrance.
Un autre point est que le désir sensuel grandit parce que nous ne cessons d’y penser. Si vous saisissez le moment où l’esprit commence à peindre l’image de ce qu’il veut, le désir est bien plus facile à arrêter qu’une fois pleinement développé.
Le Niddesa parle de trancher complètement le désir sensuel par le noble sentier, ce qui est un objectif à long terme. Dans la vie quotidienne, simplement contenir le désir à chaque occasion allège déjà le bateau.
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