Le traité de la respiration : le souffle devient subtil comme un gong qui s’éteint
Entraîner l’esprit

Le traité de la respiration : le souffle devient subtil comme un gong qui s’éteint

Ānāpānakathā

Le Paṭisambhidāmagga explique en détail qu’à mesure que l’on connaît le souffle long et court, le désir et la joie rendent le souffle plus subtil jusqu’à ce que l’esprit repose dans l’équanimité ; et qu’en apaisant le souffle, il peut devenir si ténu qu’il n’apparaît presque plus — comme un gong dont le son puissant s’éteint, tandis que l’esprit peut encore suivre le signe du son ténu.

7 points

Dans le traité de la respiration (Ānāpānakathā) du Grand Chapitre du Paṭisambhidāmagga, Khuddaka Nikāya, le Vénérable Sāriputta explique une à une les premières étapes de l’attention à la respiration, depuis « en expirant longuement, on sait : “j’expire longuement” » jusqu’à l’expérience du ravissement et du bonheur et à l’apaisement de la formation mentale, en décrivant ce qui apparaît à chaque étape, ce que fait l’attention et comment l’esprit se transforme.

Cette section se distingue par ses détails pratiques : le souffle long et le souffle court apparaissent de neuf manières ; l’objet observé est distingué de l’attention elle-même ; et elle répond à une question que les méditants posent souvent — si l’on apaise le souffle jusqu’à ce qu’il soit très ténu, reste-t-il quelque chose à observer ? — par la comparaison du gong.

Cette page se concentre uniquement sur le détail des sections consacrées au corps et à la sensation. Les seize étapes dans leur ensemble et les imperfections qui perturbent la méditation sur la respiration sont expliquées dans d’autres pages de cette collection.

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    Long, savoir qu’il est long ; court, savoir qu’il est court Dīghaṃ assasanto dīghaṃ assasāmīti pajānāti

    Il explique qu’un souffle long est un souffle expiré ou inspiré sur une durée considérée comme longue, et un souffle court, sur une durée considérée comme brève. Le méditant connaît simplement le souffle tel qu’il est, sans le forcer à être long ou court.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Asseyez-vous confortablement et observez cinq respirations sans rien ajuster, en notant simplement en silence « long » ou « court ». Vous verrez que le souffle change avec votre humeur.

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    Neuf aspects : du désir à l’équanimité Cittaṃ vivaṭṭati upekkhā saṇṭhāti

    À mesure que l’on connaît le souffle long, le désir (chanda) apparaît, et grâce au désir le souffle devient plus subtil. Puis la joie apparaît, et grâce à la joie il devient plus subtil encore. Ensuite l’esprit se détourne du souffle plus grossier et l’équanimité s’installe. Il compte ces étapes comme les neuf aspects sous lesquels le corps, c’est-à-dire le souffle, apparaît.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Si observer le souffle vous semble stressant, commencez par rendre la chose agréable : choisissez un moment calme et une posture confortable. Ce petit contentement est le point de départ que le texte lui-même nomme.

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    Ce qui est observé n’est pas l’attention Kāyo upaṭṭhānaṃ no sati

    Il fait une distinction nette : le corps, c’est-à-dire le souffle, est ce qui apparaît, mais il n’est pas l’attention ; l’attention est à la fois ce qui apparaît et l’attention elle-même. Le méditant contemple ce corps avec cette attention et cette connaissance, et c’est pourquoi on parle de contempler le corps dans le corps.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand l’esprit quitte le souffle pour d’autres pensées, ne vous le reprochez pas. Remarquer que vous vous êtes égaré, c’est l’attention qui se remet au travail ; ramenez-la ensuite doucement au souffle.

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    Sensations, perceptions et pensées connues de leur apparition à leur fin Viditā vedanā uppajjanti

    Quand l’esprit est unifié sur le souffle, les sensations sont connues lorsqu’elles apparaissent, durent et disparaissent, de même que les perceptions et les pensées. Il explique que l’apparition de la sensation est connue en voyant ses conditions, comme le contact, et sa fin en voyant son changement.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Pendant que vous observez le souffle, si un bruit fort ou une démangeaison survient, regardez-le apparaître, rester un instant et s’estomper, sans vous lever pour vous en occuper tout de suite. Vous verrez que la plupart des sensations passent d’elles-mêmes.

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    Faire l’expérience du corps tout entier Sabbakāyapaṭisaṃvedī

    Il explique qu’il y a deux corps : le corps mental — la sensation, la perception, l’intention, le contact et l’attention — et le corps physique — les quatre grands éléments, la forme qui en dérive, le souffle entrant et sortant, et le signe. Ces corps apparaissent quand l’attention est établie sur le souffle.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Après avoir observé le souffle un moment, élargissez votre conscience pour connaître ensemble le souffle, les sensations du corps entier et l’état de l’esprit, comme si vous allumiez la lumière de la pièce au lieu de braquer une lampe de poche sur un seul point.

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    Apaiser la formation corporelle : un gong qui s’éteint doucement Seyyathāpi kaṃse ākoṭite

    La formation corporelle est le souffle, qui est lié au corps. Si le corps se penche, se balance, tremble ou s’agite, on s’entraîne à l’apaiser. Quelqu’un objecte que, s’il est apaisé ainsi, le souffle n’apparaîtra plus et que l’attention n’aura plus rien sur quoi se poser. Il répond par une comparaison : quand on frappe un gong, des sons puissants se produisent d’abord ; quand ils s’éteignent, des sons ténus suivent ; et quand les sons ténus cessent, l’esprit continue encore, parce qu’il a bien saisi le signe du son ténu. Il en va de même de la respiration grossière et subtile.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Si le souffle vous semble trop ténu pour être saisi, ne respirez pas plus fort pour le retrouver. Posez légèrement l’esprit là où le souffle touche, comme on écoute une cloche sur le point de se taire.

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    Connaître le ravissement et le bonheur, puis apaiser ce qui conditionne l’esprit Kāyikañca sukhaṃ cetasikañca sukhaṃ

    Le ravissement est la joie et l’exaltation de l’esprit qui apparaissent quand l’esprit n’est pas distrait grâce au souffle. Le bonheur est de deux sortes : corporel et mental. Il explique la formation mentale comme la perception et la sensation liées à l’esprit, et l’on s’entraîne à en faire l’expérience et à l’apaiser. Ces étapes sont comptées comme la contemplation des sensations dans les sensations.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand la pratique vous fait du bien, sachez « ceci est du bonheur » plutôt que d’essayer de le retenir. Un bonheur connu sans attachement ne se changera pas en déception quand il s’estompera.

À essayer dans la vie quotidienne

Beaucoup de gens abandonnent la méditation sur la respiration parce qu’ils pensent devoir forcer le souffle à être long ou immobile. Le Paṭisambhidāmagga dit le contraire : connaissez le souffle tel qu’il est — long, sachez qu’il est long ; court, sachez qu’il est court — et le souffle devient plus subtil de lui-même à mesure que l’esprit commence à se sentir satisfait et joyeux.

La comparaison du gong aide beaucoup quand vous avez l’impression que « le souffle a disparu ». Inutile de vous alarmer ou de respirer plus fort. Le souffle est toujours là, seulement plus subtil. Laissez l’esprit suivre cette subtilité comme on écoute un son qui s’éteint doucement.

Pratiquer seulement cinq à dix minutes par jour, avant de dormir ou avant le travail, suffit pour voir comment le souffle et l’esprit sont liés. Si vous avez une affection respiratoire ou si vous vous sentez mal à l’aise en vous concentrant sur le souffle, portez plutôt votre attention sur les sensations dans vos mains ou vos pieds.

Sources dans le Tipiṭaka

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