Le discours à Kevaddha : un moine interroge les devas jusqu’au grand Brahmā, et l’oiseau qui cherche le rivage
Tīradassiṃ sakuṇaṃUn moine se demande où les quatre grands éléments cessent sans reste et interroge les dieux, monde après monde…
Samāhitassa bhikkhave bhikkhuno yathābhūtaṃ okkāyati
Au bosquet de manguiers de Jīvaka, le Bouddha dit aux moines de développer la concentration et de faire effort dans la retraite, car quand l’esprit est posé, l’impermanence des sens, du contact et de la sensation apparaît telle qu’elle est réellement. Les discours Nandikkhaya ajoutent que voir l’impermanent comme impermanent est la vue juste, et que quand la délectation prend fin, la passion prend fin.
Dans le Nandikkhaya Vagga du Saḷāyatana Saṃyutta, Saṃyutta Nikāya, se trouve une paire de discours donnés au bosquet de manguiers de Jīvaka, près de Rājagaha. Dans le premier Jīvakambavana Sutta, le Bouddha dit : développez la concentration, car quand l’esprit d’un moine est concentré, les choses apparaissent telles qu’elles sont réellement. Ce qui apparaît, c’est que l’œil, les formes, la conscience visuelle, le contact visuel et la sensation née du contact visuel sont impermanents, et ainsi de suite jusqu’à l’esprit.
Le second Jīvakambavana Sutta est identique, sauf qu’il dit : faites effort dans la retraite, car quand un moine est dans la retraite, les choses apparaissent telles qu’elles sont réellement.
Les quatre discours Nandikkhaya, au début du même chapitre, décrivent ce qui découle de la vision. Un moine voit l’œil, qui est impermanent, comme impermanent ; c’est la vue juste. Voyant correctement, il se désenchante. Avec la fin de la délectation vient la fin de la passion ; avec la fin de la passion vient la fin de la délectation ; avec la fin des deux, on dit que l’esprit est bien libéré. Les troisième et quatrième ajoutent : portez une considération judicieuse et contemplez l’impermanence telle qu’elle est réellement.
Le Bouddha ouvre et clôt le premier Jīvakambavana Sutta par les mêmes mots : développez la concentration. « Développer » signifie ici la faire naître et l’accroître, et non la pratiquer une seule fois.
Commencez par quelques minutes par jour, à la même heure. La régularité compte plus que la durée.
La raison donnée est que, quand l’esprit est concentré, les choses apparaissent telles qu’elles sont réellement. La concentration est ici une base pour voir, non une fin en soi.
Avant une décision importante, respirez lentement jusqu’à ce que l’esprit soit tranquille. La même affaire paraît souvent différente à un esprit tranquille et à un esprit agité.
Dans le second Jīvakambavana Sutta, il dit aux moines de faire effort dans la retraite, car dans la retraite les choses apparaissent telles qu’elles sont réellement. Développer la concentration et demeurer dans la retraite mènent au même endroit.
Réservez chaque jour un court moment sans écran, par exemple quinze minutes de marche seul sans rien écouter, et voyez si les pensées agitées s’éclaircissent peu à peu.
Ce qui apparaît tel que c’est réellement : l’œil est impermanent, les formes sont impermanentes, la conscience visuelle est impermanente, le contact est impermanent, et même la sensation agréable, douloureuse ou neutre née du contact est impermanente — jusqu’à l’esprit.
Assis tranquillement, observez une sensation depuis son début jusqu’à ce qu’elle s’efface, comme une démangeaison ou un son. Vous verrez que rien ne reste identique, ne serait-ce qu’une seconde.
Le premier Nandikkhaya Sutta dit que quand un moine voit l’œil, qui est impermanent, comme impermanent, cette vue est la vue juste. La vue juste n’est pas ici une affaire de mémorisation, mais le fait de voir une chose telle qu’elle est.
Quand vous êtes déçu parce qu’une chose que vous aimez a changé, rappelez-vous qu’elle a toujours été ainsi ; vous venez simplement de la voir telle qu’elle est.
Les troisième et quatrième discours Nandikkhaya disent : portez une considération judicieuse à l’œil et contemplez son impermanence telle qu’elle est réellement ; faites de même avec l’oreille, le nez, la langue, le corps, l’esprit et les six sortes d’objets.
Quand quelque chose vous attire fortement, posez-vous la question judicieuse « Combien de temps cela restera-t-il avec moi ? » plutôt que « Comment l’obtenir ? ».
Voyant correctement, on se désenchante. Avec la fin de la délectation vient la fin de la passion ; avec la fin de la passion vient la fin de la délectation. Avec la fin de la délectation et de la passion, on dit que l’esprit est bien libéré.
Remarquez les petites délectations, comme faire défiler l’écran encore et encore. Le simple fait de savoir « je suis pris par la délectation » affaiblit l’attraction et rend l’arrêt plus facile.
Beaucoup de gens ne pratiquent la concentration que pour le calme. Ce discours en montre un autre aspect : la stabilité est là pour que nous puissions voir clairement, tout comme il faut tenir un appareil photo immobile pour prendre une image nette.
Pour les laïcs, la « retraite » peut simplement être un court moment, notifications coupées, assis tranquillement à observer les sensations apparaître et passer.
« Délectation » est le mot clé. La délectation est l’attraction qui nous fait revenir encore et encore vers la même chose. Quand nous voyons clairement que la chose est impermanente, cette attraction s’affaiblit d’elle-même, sans retenue forcée.
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