Le traité des fondements de l’attention : corps, sensations, esprit et phénomènes de sept manières
SatipaṭṭhānakathāLe Paṭisambhidāmagga explique les quatre fondements de l’attention comme la contemplation du corps, des sensat…
Lābhā te gahapati suladdhaṃ te gahapati
Deux maîtres de maison tombent gravement malades et invitent Ānanda à leur rendre visite. Bien que leur douleur s’aggrave, tous deux développent les quatre fondements de l’attention, et Ānanda déclare qu’ils ont atteint l’état de celui qui ne revient pas. Le même chapitre enseigne que la vertu existe en vue de l’attention, que le vrai Dhamma dure longtemps quand les gens développent les fondements de l’attention, et que nous devrions encourager amis et proches à les développer.
Dans le Satipaṭṭhāna Saṃyutta du Saṃyutta Nikāya (Mahāvagga, chapitre Sīlaṭṭhiti), les histoires de deux maîtres de maison montrent que les fondements de l’attention ne sont pas réservés aux renonçants de la forêt.
Dans le Sirivaḍḍha Sutta, Ānanda séjourne au Bosquet des Bambous près de Rājagaha. Le maître de maison Sirivaḍḍha est gravement malade et envoie un homme se prosterner aux pieds d’Ānanda de sa part et lui demander, par compassion, de venir chez lui. Ānanda lui rend visite et lui demande comment il va. Le maître de maison répond que ses sensations douloureuses s’aggravent fortement, sans aucun signe d’apaisement. Ānanda lui conseille de s’entraîner aux quatre fondements de l’attention. Le maître de maison répond que ces qualités sont déjà présentes en lui, et qu’il ne voit aucune des cinq entraves inférieures qui ne soit abandonnée. Ānanda dit alors que c’est un gain pour lui : il a déclaré le fruit de celui qui ne revient pas. Le Mānadinna Sutta raconte une histoire semblable ; le maître de maison Mānadinna dit lui-même que, même touché par une telle sensation douloureuse, il demeure en contemplant le corps, les sensations, l’esprit et les phénomènes.
Dans le même chapitre, les suttas Sīla et Ṭhiti racontent comment Bhadda demande à Ānanda, au monastère de Kukkuṭa près de Pāṭaliputta, dans quel but les vertus saines ont été enseignées, et ce qui fait durer longtemps le vrai Dhamma après l’extinction finale du Bouddha. Ānanda répond aux deux questions par les quatre fondements de l’attention. Le Mitta Sutta, dans le chapitre Amata qui suit, nous enseigne à encourager ceux qui nous sont chers à développer les fondements de l’attention.
Gravement malade, le maître de maison Sirivaḍḍha envoya un homme se prosterner aux pieds d’Ānanda de sa part et lui demander de venir chez lui par compassion. Ānanda accepta par son silence et, le lendemain matin, prit son bol et sa robe et lui rendit visite chez lui.
Quand vous êtes gravement malade, demander à un ami spirituel de venir vous voir n’est pas une gêne. Et quand quelqu’un vous demande de venir le voir, allez-y quand vous le pouvez.
Ānanda demanda : tenez-vous le coup, arrivez-vous à supporter, vos sensations douloureuses diminuent-elles ou augmentent-elles ? Le maître de maison répondit honnêtement qu’il ne tenait pas le coup, que la douleur s’aggravait fortement et qu’il n’y avait aucun signe d’apaisement.
Quand vous rendez visite à un malade, demandez et écoutez vraiment la réponse, même si ce n’est pas ce que vous voulez entendre. Ne vous empressez pas de le rassurer en lui disant qu’il ira bientôt mieux.
Sachant que la maladie était grave, Ānanda dit : c’est pourquoi, maître de maison, vous devriez vous entraîner ainsi : je demeurerai en contemplant le corps en tant que corps, les sensations en tant que sensations, l’esprit en tant qu’esprit et les phénomènes en tant que phénomènes, ardent, avec claire compréhension et attentif.
Si vous êtes trop malade pour faire quoi que ce soit, vous pouvez encore connaître la respiration, connaître la douleur en tant que douleur, et savoir que l’esprit a peur ou s’inquiète. C’est une pratique que vous pouvez faire au lit.
Sirivaḍḍha répondit que les quatre fondements de l’attention étaient déjà présents en lui. Dans le Mānadinna Sutta, le maître de maison Mānadinna dit que, même touché par une telle sensation douloureuse, il demeure en contemplant le corps en tant que corps, les sensations en tant que sensations, l’esprit en tant qu’esprit et les phénomènes en tant que phénomènes.
Exercez-vous d’abord avec les petites douleurs de la vie quotidienne, comme un mal de dos ou de tête. Regardez directement la sensation sans y ajouter d’histoire.
Les deux maîtres de maison dirent qu’ils ne voyaient en eux aucune des cinq entraves inférieures qui ne soit abandonnée. Ānanda dit : c’est un gain pour vous, maître de maison, vous avez de la chance ; vous avez déclaré le fruit de celui qui ne revient pas. Cela montre que des maîtres de maison vivant chez eux peuvent atteindre de hauts niveaux du Dhamma.
Ne pensez pas que la pratique sérieuse du Dhamma soit réservée aux moines et aux moniales. Une vie active avec une famille peut aussi être un entraînement, un jour après l’autre.
Bhadda demanda à Ānanda à quoi servaient les vertus saines enseignées par le Bouddha. Ānanda loua la question, puis répondit que ces vertus saines n’avaient été enseignées que pour le développement des quatre fondements de l’attention.
Voyez la vertu comme le sol qui rend l’esprit assez calme pour se regarder lui-même. Ne pas se quereller et ne pas mentir, par exemple, signifient que l’esprit n’a pas à rester sur ses gardes et peut plus facilement revenir à lui-même.
Bhadda demanda ce qui fait que le vrai Dhamma ne dure pas longtemps, ou dure longtemps, après l’extinction finale du Tathāgata. Ānanda répondit que lorsque les quatre fondements de l’attention ne sont pas développés et cultivés, le vrai Dhamma ne dure pas longtemps ; lorsqu’ils sont développés et cultivés, il dure longtemps.
Préserver l’enseignement commence par la pratique de chacun, et pas seulement par la taille des bâtiments ou des cérémonies.
Dans le Mitta Sutta, le Bouddha dit : ceux pour qui vous avez de la compassion et qui pensent que vous valez la peine d’être écoutés, qu’il s’agisse d’amis, de collègues, de proches ou de membres de la famille, doivent être encouragés, installés et établis dans le développement des quatre fondements de l’attention.
Invitez les membres de votre famille ou les amis intéressés à pratiquer brièvement avec vous, par exemple en prenant conscience de la respiration pendant cinq minutes avant de dormir, sans faire pression sur ceux qui ne sont pas prêts.
Les histoires de Sirivaḍḍha et de Mānadinna ne disent pas que l’attention a guéri leur maladie ; tous deux restaient gravement malades. Ce qui a changé, c’est que l’esprit ne s’est pas enfoncé dans la douleur. L’attention est un soin de l’esprit qui accompagne le traitement médical, non un substitut à celui-ci.
Les deux hommes s’étaient entraînés avant de tomber malades. Les personnes ordinaires qui ont du mal à rester attentives quand elles souffrent beaucoup n’ont pas à se sentir en échec. C’est quand le corps est encore en bonne santé qu’il faut s’entraîner.
Un autre rôle dans ces histoires est celui du visiteur. Ānanda se rend à la maison, demande avec attention comment va le malade, et invite l’esprit du malade à revenir vers ce sur quoi l’on peut vraiment s’appuyer.
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