L’analyse des jhāna : les facteurs de jhāna mot à mot
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Bhikkhū abhinetabbā vatthudesanāya
En dégageant un terrain pour une habitation, Channa fait abattre un arbre vénéré du village jusqu’au pays tout entier. Le Bouddha établit qu’un moine qui fait bâtir une grande habitation doit d’abord faire approuver le terrain par le Saṅgha, en choisissant un lieu qui ne dérange ni les animaux ni les gens et qui est dégagé tout autour.
Dans la septième règle saṅghādisesa de la Grande Analyse, volume 1 du Vinaya Piṭaka, le Bouddha séjourne au Ghositārāma, à Kosambī. Un maître de maison qui soutenait le vénérable Channa propose de lui faire bâtir une habitation et lui demande de choisir le terrain. En le dégageant, Channa fait abattre un arbre sacré, vénéré par les villageois, les habitants des bourgs et des villes, et les gens de la région et du pays. La règle relève de la discipline monastique, mais la réflexion qu’elle exige avant de bâtir s’applique à tous.
Les gens reprochèrent aux ascètes sakyas de nuire à la vie dotée d’une seule faculté sensorielle. Le Bouddha interrogea Channa et le réprimanda, en donnant pour raison que les gens considèrent les arbres comme vivants. Il établit ensuite qu’un moine qui fait bâtir une grande habitation, avec un donateur et pour lui-même, doit amener des moines pour désigner le terrain, et que ceux-ci doivent désigner un terrain qui n’est pas dérangeant et qui est dégagé tout autour.
L’analyse explique comment faire la demande au Saṅgha, comment désigner des moines compétents pour inspecter le terrain, et ce que signifient un terrain dérangeant et des abords dégagés. La règle précédente, sur la hutte qu’un moine bâtit grâce à ses propres quêtes, emploie les mêmes critères pour le terrain.
L’arbre que Channa fit abattre était un arbre sacré, vénéré par les gens du village jusqu’au pays tout entier, et non un arbre ordinaire sur un terrain. L’abattre blessa les sentiments de beaucoup et attira des critiques sur tous les ascètes sakyas, pas seulement sur Channa.
Avant de démolir ou de rénover quelque chose d’ancien dans une communauté, comme un sanctuaire, un grand arbre ou un bâtiment auquel les gens sont attachés, demandez d’abord aux habitants ce qu’il représente pour eux.
Les gens reprochèrent aux ascètes de nuire à la vie dotée d’une seule faculté sensorielle. Le Bouddha réprimanda Channa, en donnant pour raison que les gens considèrent les arbres comme vivants ; un tel acte n’inspire pas confiance à ceux qui ne l’ont pas, et fait vaciller certains de ceux qui l’ont.
Même si vous pensez qu’une action n’est pas mauvaise, considérez la façon dont votre entourage la perçoit. Si elle devait coûter inutilement la confiance de beaucoup de gens, cherchez une autre voie.
Le moine qui souhaite bâtir doit se rendre auprès du Saṅgha et lui demander d’inspecter le terrain, en le demandant jusqu’à trois fois. Si le Saṅgha tout entier ne peut pas s’y rendre, il désigne des moines compétents capables de dire si le terrain est dérangeant et s’il est dégagé tout autour. Si le terrain ne convient pas, ils disent : « Ne bâtis pas ici » ; s’il convient, ils en informent le Saṅgha pour qu’il puisse désigner formellement le terrain.
Pour les projets qui touchent les autres, comme agrandir votre maison contre la clôture d’un voisin ou organiser un événement dans un espace partagé, faites examiner le projet par des personnes compétentes et obtenez l’accord des intéressés avant de commencer.
L’analyse explique qu’un terrain dérangeant est un lieu où vivent des fourmis, des termites, des rats, des serpents, des scorpions, des mille-pattes, des éléphants, des chevaux, des tigres, des ours ou d’autres animaux. Il ne faut pas bâtir d’habitation sur un tel terrain.
Avant de remblayer un terrain ou de couper des arbres dans votre jardin, cherchez s’il s’y trouve des nids ou des terriers, puis trouvez un moyen de les contourner ou attendez que les animaux soient partis.
Un terrain dérangeant est aussi un terrain situé près de champs, près de lieux d’exécution ou de torture, d’un cimetière, d’un parc, d’un domaine royal, d’écuries à éléphants ou à chevaux, d’une prison, d’une taverne, d’une route, d’un carrefour, d’un lieu de réunion publique ou d’une voie de passage.
Quand vous choisissez un lieu où vivre ou ouvrir une boutique, réfléchissez dans les deux sens : ce lieu troublera-t-il votre tranquillité, et entraverez-vous le gagne-pain ou le passage des autres ?
Un terrain aux abords dégagés est un terrain autour duquel une charrette attelée ordinaire peut circuler, et autour duquel on peut poser une échelle de tous les côtés. Il ne faut pas bâtir une grande habitation sur un terrain dépourvu d’un tel espace.
Quand vous agrandissez votre maison, laissez de l’espace tout autour pour l’entretien et comme issue en cas d’incendie, et ne construisez pas tout contre le terrain de votre voisin.
La clause de non-faute dit qu’il n’y a pas de faute à bâtir une habitation troglodyte, une grotte dans la roche ou une hutte d’herbe, à bâtir pour quelqu’un d’autre, ou à bâtir autre chose qu’une résidence.
Une bonne règle doit être stricte pour ce qui a un réel impact. Les petits travaux qui ne dérangent personne n’ont pas besoin de passer par une procédure aussi lourde.
Cette histoire est un exemple de réflexion sur les conséquences avant de construire : l’effet sur les sentiments de la communauté, sur les animaux qui vivent dans les environs, et sur les gens qui passent ou gagnent leur vie à proximité.
Ce que vous pouvez appliquer tout de suite : avant d’agrandir votre maison, d’abattre un grand arbre ou de lancer un projet dans un espace partagé, parlez avec les personnes concernées, demandez conseil à ceux qui s’y connaissent, et choisissez l’option qui dérange le moins.
La demande au Saṅgha et l’annonce formelle relèvent de la discipline monastique, et les laïcs n’ont pas à suivre cette forme. Mais décider ensemble et respecter ce que les autres vénèrent sont des principes que chacun peut appliquer.
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