Le discours de la graine : la conscience est comme une graine
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Vassūpanāyikakkhandhakaṃ
Les moines erraient toute l’année jusqu’à ce que les gens se plaignent qu’ils piétinaient les plantes et les petites créatures ; le Bouddha leur fit donc observer une résidence de trois mois pendant les pluies. Il fixa ensuite des exceptions raisonnables : s’absenter jusqu’à sept jours pour une affaire nécessaire, aller voir sa mère ou son père malade même sans avoir été appelé, et partir en cas de danger.
Dans le Vassūpanāyika Khandhaka du Mahāvagga, dans le Vinaya Piṭaka, alors que le Bouddha se trouvait au Bosquet des Bambous, il n’avait pas encore institué la résidence des pluies ; les moines erraient donc pendant la saison froide, la saison chaude et la saison des pluies. Les gens se plaignirent que les moines piétinaient l’herbe verte, nuisaient à la vie végétale et tuaient beaucoup de petites créatures, alors que même les autres sectes et les oiseaux nichant à la cime des arbres restaient sur place pendant les pluies. Le Bouddha permit donc la résidence des pluies.
Il fixa deux jours de début et interdit de partir avant que les trois mois soient achevés. Quand le groupe des six refusa d’entrer dans la retraite des pluies ou passa délibérément devant une résidence le jour du début, il l’interdit aussi. Quand le roi Bimbisāra demanda de reporter la retraite des pluies, le Bouddha permit aux moines de suivre le roi.
Plus tard, un disciple laïc nommé Udena fit bâtir une habitation pour le Saṅgha et invita des moines pendant les pluies. Ils déclinèrent, et il en fut contrarié. Le Bouddha permit donc le sattāhakaraṇīya : partir pour une affaire nécessaire et revenir dans les sept jours. Il détailla divers cas, dont la permission de rendre visite à sa mère ou à son père malade même s’ils n’avaient pas fait appeler le moine, et énuméra les dangers pour lesquels un moine peut quitter la résidence des pluies sans faute.
Les gens se plaignirent que les moines erraient même pendant les pluies, piétinant l’herbe verte, nuisant à la vie végétale et tuant beaucoup de petites créatures, alors que les autres ascètes et même les oiseaux restaient sur place pendant la saison des pluies. Le Bouddha les écouta et permit la résidence des pluies.
Quand vos voisins ou votre entourage se plaignent de quelque chose que vous faites, même si c’est légal, demandez-vous si cela les affecte réellement, puis ajustez-vous autant que possible.
Il fixa deux jours pour entrer dans la retraite des pluies : le premier, le lendemain de la pleine lune d’Āsāḷha, et le second, un mois plus tard. Celui qui avait manqué le premier avait encore une chance de commencer.
Quand vous vous fixez un nouvel objectif, choisissez une date de début claire et prévoyez un « second tour » pour ceux qui ne peuvent pas commencer à temps, au lieu de penser que le manquer signifie abandonner.
Le groupe des six entrait dans la retraite des pluies puis errait pendant celle-ci ; parfois, ils refusaient même d’y entrer, ou passaient délibérément devant une résidence le jour du début. Le Bouddha interdit tout cela ; les moines doivent rester les trois mois entiers. Mais quand le roi Bimbisāra demanda de reporter la retraite des pluies, le Bouddha permit aux moines de suivre le roi.
Quand vous vous engagez pour une période donnée, par exemple trois mois sans alcool, ne cherchez pas d’échappatoire dès le premier jour. Mais si la communauté ou une autorité demande d’ajuster le calendrier pour une bonne raison, soyez souple.
Le disciple laïc Udena fit bâtir une habitation pour le Saṅgha et fit inviter des moines à venir recevoir des offrandes et enseigner. Les moines lui répondirent d’attendre la fin des pluies, et il fut contrarié de ne pas pouvoir les inviter alors qu’il soutenait le Saṅgha. Le Bouddha permit donc de partir quand l’une de sept sortes de personnes fait appeler un moine, mais celui-ci doit revenir dans les sept jours.
Une bonne règle laisse de la place aux affaires importantes des autres, avec des conditions claires, par exemple en accordant un congé pour une réelle nécessité mais en fixant dès le départ la date du retour.
Si un confrère ou un coreligionnaire est malade, il permit d’y aller même s’il n’avait pas fait appeler le moine, dans l’intention de trouver de la nourriture et des remèdes, de prendre de ses nouvelles ou de le soigner. S’il était devenu mécontent de la vie sainte, tourmenté par le remords, ou s’il avait développé des vues fausses, le moine pouvait y aller pour l’aider à apaiser cela ou lui enseigner le Dhamma.
Quand vous savez qu’un ami est malade ou découragé, n’attendez pas qu’il vous le demande ; allez prendre de ses nouvelles ou envoyez-lui un message. Ceux qui traversent une épreuve n’osent souvent pas demander de l’aide.
La mère d’un moine tomba malade et le fit appeler. Il hésita, car elle n’était pas disciple laïque et ne figurait donc pas sur la liste des personnes autorisées. Le Bouddha ajouta alors la mère et le père aux personnes qu’un moine peut aller voir dans les sept jours, même sans avoir été appelé.
Quand les règles de votre travail ou de votre groupe ne mentionnent pas la maladie d’un parent, ne restez pas silencieux ; posez directement la question au responsable. Souvent, une règle ne couvre pas un cas simplement parce que personne ne l’a encore demandé.
Si l’on est harcelé par des bêtes sauvages ou des serpents, dépouillé par des brigands, si le village brûle ou est inondé, si l’habitation est endommagée, s’il n’y a pas assez de nourriture, pas de nourriture ou de remèdes appropriés, ou pas de serviteur convenable, le Bouddha dit que cela compte comme un danger : le moine peut partir sans faute, même si la résidence des pluies est rompue. Quand un village se divisa en deux, il permit d’aller du côté qui avait la foi.
S’engager ne veut pas dire rester dans le danger. Si votre logement ou votre lieu de travail met en péril votre corps ou votre santé, partir n’est pas un échec.
Si, pendant les pluies, quelqu’un offre à un moine de l’argent, une terre ou une épouse, et qu’il réfléchit que le Bouddha a dit que l’esprit change vite et que cela pourrait mettre en danger sa vie sainte, il peut partir sans faute.
Si vous vous rendez compte qu’un milieu vous entraîne dans une mauvaise direction, comme un cercle où l’on boit ou joue de l’argent, vous éloigner avant que votre esprit ne bascule est le choix sage.
Cela montre que de nombreuses règles du Vinaya sont nées de l’écoute de la communauté. Les moines n’enfreignaient aucun précepte, mais voyager pendant la saison où les gens cultivaient touchait la vie des autres ; le Bouddha ajusta donc le mode de vie du Saṅgha au rythme de la société.
Les exceptions qui suivirent méritent d’être étudiées. La règle existe pour que l’on s’établisse avec engagement, non pour abandonner les malades, les découragés ou les parents qui ont besoin de leur enfant. Une bonne rigueur va de pair avec le sens de ce qui compte davantage.
Chez les laïcs, la période des pluies sert souvent à un engagement de trois mois pour faire le bien ou abandonner une habitude. Le même principe s’applique : engagez-vous sincèrement, mais prévoyez une issue claire en cas de réelle nécessité.
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