Le discours à Sandaka : choisir avec sagesse maîtres et enseignements
SandakasuttaṃĀnanda explique à l’errant Sandaka quatre doctrines qui privent la vie sainte de sens et quatre sortes de vie …
Sahatthā khādanīyaṃ vā bhojanīyaṃ vā dadeyya
Ānanda distribue des gâteaux aux pauvres sur la parole du Bouddha, mais par trois fois il donne deux gâteaux à une errante en croyant n’en donner qu’un, et ceux qui sont autour se moquent d’elle. Dans un autre épisode, un ascète qui a reçu une grosse boule de riz parle du donateur avec mépris. C’est l’origine de la règle qui interdit aux moines de remettre de la nourriture de leur propre main aux ascètes d’autres sectes, tout en permettant encore de la faire donner par d’autres ou de la déposer.
Dans le Vinaya Piṭaka, Mahāvibhaṅga partie 2, section Pācittiya, chapitre Acelaka, la règle 1 raconte que, pendant que le Bouddha séjournait à la Salle au toit à pignon, dans la Grande Forêt près de Vesālī, le Saṅgha reçut une grande quantité de gâteaux. Ānanda en informa le Bouddha, qui dit de donner les gâteaux à ceux qui mangent les restes, c’est-à-dire aux gens qui vivent de restes. Ānanda les fit asseoir en ordre et en donna un à chacun, mais donna à une certaine errante deux gâteaux en croyant n’en donner qu’un, et cela par trois fois. Les autres errantes se moquèrent d’elle, lui demandant si l’ascète était son amant. Elle répondit que non : il en avait donné deux en croyant n’en donner qu’un.
Dans un autre épisode, un moine mélangea du riz avec beaucoup de ghee et en donna une grosse boule à un ascète ājīvaka. L’Ājīvaka dit à un ami qu’il l’avait obtenue lors du repas offert à l’ascète Gotama, ce maître de maison au crâne rasé. Des disciples laïcs qui l’entendirent demandèrent au Bouddha que les vénérables ne donnent pas de leurs propres mains à ces ascètes. Le Bouddha enseigna le Dhamma aux disciples laïcs, puis réunit le Saṅgha et établit cette règle.
C’est une règle pour les moines, née des relations entre groupes d’ascètes dans l’Inde ancienne. Ce n’est pas un enseignement invitant à éviter les personnes d’autres religions, et les clauses de non-infraction permettent encore à un moine de faire donner la nourriture par quelqu’un d’autre, ou de la déposer.
Quand le Saṅgha eut beaucoup de gâteaux en trop, le Bouddha dit à Ānanda de les donner à ceux qui mangent les restes. Ānanda fit asseoir tout le monde en ordre et en donna un à chacun. Le don partait de la compassion et était bien organisé.
Quand vous distribuez des choses à beaucoup de personnes, fixez clairement l’ordre et la part de chacun avant de commencer. Cela évite à la fois le désordre et le sentiment d’injustice.
Ānanda donna à la même errante deux gâteaux en croyant n’en donner qu’un, par trois fois. Les autres errantes se moquèrent d’elle, lui demandant si l’ascète était son amant. Elle répondit en toute vérité que non ; il en avait simplement pris deux par erreur. Mais celles qui l’entouraient continuèrent à se moquer.
Quand vous distribuez des choses, comptez et vérifiez deux fois, surtout quand la personne qui reçoit est observée par d’autres. Une erreur répétée avec la même personne tend à être surinterprétée.
Un moine mélangea du riz avec beaucoup de ghee et en donna une grosse boule à un Ājīvaka. Quand un ami lui demanda où il l’avait obtenue, l’Ājīvaka répondit par une remarque méprisante sur le Bouddha, disant qu’il l’avait eue lors du repas offert à ce maître de maison au crâne rasé. Le texte ne raconte que cela ; il ne dit pas que tous les Ājīvaka pensaient ainsi.
Quand vous aidez quelqu’un et apprenez qu’il dit du mal de vous, prenez-le comme une information sur la manière d’aider désormais, sans renoncer à la bonté envers les gens en général.
Les disciples laïcs dirent que ces ascètes voulaient dénigrer le Triple Joyau et demandèrent que les vénérables ne leur donnent pas de leurs propres mains. Le Bouddha commença par les instruire et les réjouir par un enseignement du Dhamma, puis il réunit le Saṅgha. Le texte ne rapporte pas ce qu’il enseigna ; nous ne devons donc pas le deviner.
Quand quelqu’un vient se plaindre sous le coup de l’émotion, écoutez-le et aidez-le d’abord à se calmer, puis décidez d’une éventuelle règle dans l’instance appropriée.
Dans cette règle, le texte expose en entier les dix raisons, comme le bien-être du Saṅgha, la foi de ceux qui n’ont pas la foi, l’accroissement de la foi chez ceux qui l’ont, et la durée du vrai Dhamma. La règle tient ainsi compte de la manière dont la communauté environnante comprend les choses.
Quand une organisation établit une nouvelle règle, qu’elle en donne aussi les raisons. Les gens comprendront à quoi elle sert et l’appliqueront correctement.
La règle interdit à un moine de donner de sa propre main de la nourriture fraîche ou cuite à un ascète nu, à un errant ou à une errante. Mais les clauses de non-infraction exemptent le fait de la faire donner par quelqu’un d’autre, de la déposer pour eux, et de donner quelque chose à usage externe, comme un onguent. L’interdiction porte sur la manière de remettre les choses, non sur le fait de couper l’aide.
Si donner en personne risque de provoquer des commérages ou des malentendus, utilisez plutôt un moyen neutre, comme disposer les choses pour que chacun se serve ou donner par un point de distribution central.
Les deux gâteaux sont une petite chose que l’on rencontre souvent. Une petite erreur répétée avec la même personne peut amener les autres à inventer une histoire, même quand celui qui donne ne pensait à rien du tout.
La grosse boule de riz enseigne que la bonté offerte ne garantit pas que celui qui la reçoit parlera bien de nous. Ce que nous pouvons maîtriser, c’est de donner d’une manière claire, équitable, qui ne laisse pas de place au malentendu.
Les exemptions méritent d’être notées. Le Vinaya ne ferme pas la porte au partage ; il change la manière de remettre les choses. Dans la vie quotidienne, nous pouvons faire de même : donner par un système centralisé, disposer les choses pour que chacun se serve, ou demander à quelqu’un d’autre de les distribuer quand donner de notre propre main risquerait d’être mal interprété.
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