Les sept vœux de Sakka : les pratiques qui firent d’un homme ordinaire le roi des devas
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Aṭṭhāhaṃ bhante bhagavantaṃ varāni yācāmi
Visākhā demanda à offrir au Saṅgha huit choses sa vie durant : des étoffes de bain pour la saison des pluies, de la nourriture pour les moines qui arrivent, pour ceux qui partent, pour les malades et ceux qui les soignent, des remèdes, une bouillie de riz régulière, et des étoffes de bain pour les moniales. Elle donna une raison pour chacune, ce qui fait d’elle un modèle de générosité fondée sur l’observation des besoins réels.
Le chapitre des robes du Mahāvagga, dans le Vinaya Piṭaka, raconte que Visākhā, la Mère de Migāra, invita le Bouddha et le Saṅgha à un repas. Ce matin-là, une forte pluie tomba, et le Bouddha dit aux moines de s’y baigner. Visākhā envoya une servante annoncer le repas. Voyant les moines se baigner nus sous la pluie, la servante pensa qu’il n’y avait pas de moines au monastère, seulement des ascètes Ājīvaka. Visākhā comprit aussitôt et la renvoya.
Après le repas, elle demanda au Bouddha huit faveurs. Il dit que les Tathāgata sont au-delà de l’octroi de faveurs. Elle dit qu’elle ne demandait que ce qui est permis et irréprochable : offrir au Saṅgha, sa vie durant, des étoffes de bain pour la saison des pluies, de la nourriture pour les moines qui arrivent, de la nourriture pour les moines qui partent, de la nourriture pour les moines malades, de la nourriture pour ceux qui soignent les malades, des remèdes pour les malades, une bouillie de riz régulière, et des étoffes de bain pour les moniales. Le Bouddha lui demanda quel bienfait elle y voyait. Elle expliqua chacune, ainsi que le bienfait qu’elle en attendait pour son propre esprit. Il la loua, lui accorda les huit faveurs et permit dès lors ces choses aux moines et aux moniales.
Certaines de ces choses sont propres à la vie monastique, mais la façon de penser de Visākhā s’applique aujourd’hui à toute forme de don.
Visākhā raconta comment sa servante avait vu des moines se baigner nus sous la pluie et les avait pris pour des ascètes Ājīvaka. Jugeant la nudité inconvenante, elle demanda à offrir au Saṅgha des étoffes de bain pour la saison des pluies sa vie durant. Sa première demande venait de ce qui s’était passé ce jour-là même.
Quand vous constatez sans cesse le même désagrément autour de vous, comme des enfants de votre quartier qui n’ont nulle part où faire leurs devoirs, prenez-le comme une question : comment puis-je aider ?
Un moine qui vient d’arriver ne connaît ni les chemins ni les endroits où aller mendier sa nourriture ; il fait donc sa tournée d’aumônes avec difficulté. S’il mange d’abord la nourriture destinée aux moines qui arrivent, une fois qu’il connaît son chemin, il peut faire sa tournée sans difficulté.
Quand arrive un nouveau collègue, un nouveau voisin ou un élève transféré, faites-lui visiter les lieux ou invitez-le à manger pendant les premiers jours. Une aide à cette courte étape vaut énormément.
Un moine qui se prépare à voyager et qui est occupé à chercher sa propre nourriture risque de manquer la caravane, ou d’arriver tard le soir et de voyager dans la peine. La nourriture destinée aux moines qui partent lui permet de partir à l’heure et de voyager sans peine.
Quand des proches ou des amis doivent partir tôt pour un long voyage, préparez-leur à manger ou occupez-vous de petites courses pour qu’ils puissent partir sans se presser.
Un moine malade qui ne reçoit pas de nourriture ou de remèdes appropriés risque de s’aggraver, voire de mourir. Avec la nourriture et les remèdes destinés aux malades, sa maladie ne s’aggravera pas. Elle demanda donc à offrir à la fois de la nourriture et des remèdes pour les moines malades.
Avant de rendre visite à une personne malade, demandez à celui qui la soigne ce qu’elle peut manger ou ce dont elle a vraiment besoin, au lieu d’acheter des cadeaux auxquels elle ne peut pas toucher.
Un moine qui soigne les malades et doit chercher sa propre nourriture apportera le repas du malade en retard et risque de rester lui-même sans manger. Avec la nourriture destinée aux soignants, il peut apporter le repas du malade à l’heure et ne pas avoir faim. Visākhā voyait les personnes que l’on oublie facilement : ceux qui soignent.
Si un ami veille sur un parent malade à l’hôpital, envoyez-lui à manger ou proposez de le remplacer une demi-journée pour qu’il puisse se reposer. Cela aidera peut-être davantage que de simplement rendre visite au malade.
Elle dit que le Bouddha avait vu dix bienfaits dans la bouillie de riz et l’avait permise à Andhakavinda ; voyant ces bienfaits, elle demanda à offrir une bouillie de riz régulière. Chacune de ses demandes visait à donner sa vie durant, et non une seule fois.
Si vous soutenez une organisation, envisagez de donner régulièrement, même une petite somme ; il est plus facile de s’organiser avec cela qu’avec une somme ponctuelle qui va et vient.
Des moniales se baignaient sans étoffe au même gué qu’un groupe d’autres femmes, sur la rivière Aciravatī, et ces femmes se moquaient d’elles : pourquoi mener la vie sainte si jeunes ? Attendez d’être vieilles. Les moniales en eurent honte. Visākhā demanda donc à offrir des étoffes de bain au Saṅgha des moniales sa vie durant.
Remarquez si quelqu’un dans votre groupe est taquiné ou mis dans l’embarras parce qu’il lui manque un objet ou un peu d’intimité, et remédiez discrètement à la cause.
Interrogée sur le bienfait qu’elle y voyait, elle dit : quand des moines viendront après la saison des pluies et poseront des questions sur un moine décédé, et que le Bouddha déclarera quel accomplissement il avait atteint, elle demandera si ce moine était jamais venu à Sāvatthī. Si oui, il a sûrement utilisé ce qu’elle avait donné. En se le remémorant, la joie, le ravissement, la tranquillité du corps, le bonheur et la concentration surgiront tour à tour, développant les facultés, les forces et les facteurs d’Éveil. Le Bouddha dit « Bien, bien » et lui accorda les huit faveurs.
Après avoir fait quelque chose de bien, asseyez-vous un moment en silence et remémorez-vous-le sans le dire à personne, et laissez cette joie aider votre esprit à s’apaiser.
Nous donnons souvent ce que nous avons envie de donner, ou ce que les autres donnent habituellement, plutôt que ce qui manque réellement à celui qui reçoit. Visākhā est partie d’un problème réel qu’elle avait observé, puis a réfléchi aux moments où les gens sont en difficulté : quand ils arrivent dans un lieu nouveau, quand ils partent en voyage, quand ils tombent malades et quand ils soignent les malades.
Avant de faire un don à une école, une fondation ou un temple, demandez d’abord ce dont ils ont besoin, et donnez régulièrement si vous le pouvez. Donner ce qui est vraiment nécessaire aide davantage que des piles d’objets dont personne ne se sert.
Son dernier point montre que le don ne s’arrête pas à celui qui reçoit. Quand le donateur se remémore un beau don, l’esprit devient joyeux et calme, ce qui soutient aussi la méditation.
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