Le discours à Bāhiya : dans le vu, seulement le vu
BāhiyasuttaṃL’un des plus courts enseignements à avoir mené son auditeur à l’Éveil sur-le-champ — dans le vu, seulement le…
Nakulapitusuttaṃ
L’enseignement du Bouddha à un maître de maison âgé et souffrant — « Bien que mon corps soit affligé, mon esprit ne sera pas affligé » — et l’explication par Sāriputta de la manière d’y parvenir.
Le Nakulapitā Sutta est le premier discours du Khandha Saṁyutta. Le maître de maison Nakulapitā vint trouver le Bouddha et dit : je suis vieux, âgé, avancé en années, mon corps est affligé et souvent malade, si bien que j’ai rarement l’occasion de voir le Bienheureux. Veuillez m’enseigner ce qui mènera à mon bien et à mon bonheur pour longtemps.
Le Bouddha répondit : il en est ainsi. Ce corps est affligé, comme un œuf enfermé dans sa coquille. Quiconque, portant ce corps, prétendrait être en bonne santé ne serait-ce qu’un instant serait un insensé. Vous devriez vous entraîner ainsi : « Bien que mon corps soit affligé, mon esprit ne sera pas affligé. »
Nakulapitā alla ensuite trouver Sāriputta et lui demanda comment le corps peut être affligé sans que l’esprit le soit. Sāriputta expliqua : la personne non instruite considère les cinq agrégats comme un soi, si bien que lorsqu’ils changent, le chagrin et la douleur surgissent. Le noble disciple ne les considère pas ainsi, si bien que lorsque les agrégats changent, l’esprit n’est pas affligé avec eux.
Le noble disciple ne considère pas la forme comme un soi, ni le soi comme possédant la forme, ni la forme dans le soi, ni le soi dans la forme. Ainsi, quand la forme change, le chagrin et la douleur ne surgissent pas.
Quand votre corps ne peut plus faire ce qu’il faisait autrefois, rappelez-vous : le corps change, mais votre valeur en tant que personne n’en dépend pas.
Ne pas saisir les sensations douloureuses ou désagréables comme « moi », de sorte que lorsque les sensations changent, l’esprit n’est pas entraîné avec elles.
Quand vous avez mal, dites intérieurement « il y a de la douleur » au lieu de « j’ai mal ». Cette petite distance aide réellement.
Ne pas saisir la mémoire et la reconnaissance comme « moi », de sorte que lorsque la mémoire s’estompe ou se modifie, l’esprit ne souffre pas avec elle.
Les personnes âgées qui commencent à oublier, et ceux qui prennent soin d’elles, peuvent s’en servir pour apaiser leur cœur : la mémoire aussi change naturellement.
Ne pas saisir les pensées et les intentions comme « moi », de sorte que lorsque les pensées changent ou se dispersent, l’esprit n’est pas troublé.
Les pensées anxieuses sur la maladie qui ne cessent de revenir ne sont que des pensées, non des prédictions. Reconnaissez-les et laissez-les passer.
Ne pas saisir la conscience comme « moi », de sorte que lorsque la conscience change, le chagrin et la douleur ne surgissent pas.
Notre conscience n’a jamais été constante, dès le départ. L’accepter rend plus facile de faire face aux jours où le corps et l’esprit ne sont plus ce qu’ils étaient.
Cette page s’adresse particulièrement aux personnes âgées, aux malades chroniques et à ceux qui prennent soin d’eux. Le corps peut être malade, mais la souffrance mentale qui s’y superpose — « Pourquoi moi ? », « Je ne vaux plus rien maintenant » — est une autre affaire, et l’on peut s’entraîner à l’alléger.
Servez-vous-en en passant en revue les agrégats un par un comme l’a fait Sāriputta : quelle partie change, et quelle partie l’esprit saisit-il comme « moi » ? À lire avec « Les deux flèches », le même principe sous un autre angle.
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