Kassapagotta : l’hôte puni pour ne plus servir ses invités
Vie quotidienne

Kassapagotta : l’hôte puni pour ne plus servir ses invités

Campeyyakkhandhakaṃ

Un moine résident prend grand soin des moines de passage. Une fois ceux-ci installés, il cesse de s’occuper de leur nourriture, et les visiteurs l’accusent d’une faute et le suspendent. Le Bouddha juge qu’il n’a commis aucune faute, réprimande ceux qui l’ont suspendu et accepte leur aveu.

7 points

Dans le Campeyya Khandhaka du Mahāvagga, dans le Vinaya Piṭaka, alors que le Bouddha séjournait au bord de l’étang aux lotus Gaggarā, près de Campā, un moine nommé Kassapagotta était le moine résident du village de Vāsabha, au Kāsi. Il était dévoué au monastère, souhaitant que les moines de bonne conduite qui n’étaient pas encore venus viennent, que ceux qui étaient venus vivent à l’aise, et que le monastère prospère.

Quand un groupe de moines de passage arriva, il prépara des sièges et de l’eau pour leurs pieds, prit leurs bols et leurs robes, et s’occupa de l’eau à boire, du bain, du gruau, des collations et des repas. Le trouvant si bon, les visiteurs restèrent. Une fois qu’ils se furent remis du voyage et qu’ils connurent le chemin de la tournée d’aumônes, il réfléchit qu’il est difficile de continuer toute sa vie à faire des démarches auprès de familles qui ne sont pas les siennes, et que demander déplaît aux gens ; il cessa donc de s’occuper de la nourriture. Les visiteurs décidèrent qu’il avait mal tourné, se réunirent et l’accusèrent d’une faute ; comme il répondait qu’il ne voyait pas de faute, ils le suspendirent.

Kassapagotta ne savait pas s’il avait vraiment mal agi ; il fit donc le voyage pour interroger le Bouddha, qui jugea qu’il n’avait commis aucune faute et que la suspension n’était pas valide. Les moines de passage éprouvèrent alors du remords et allèrent avouer leur faute au Bouddha.

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    Un hôte attentionné Anāgatā ca pesalā bhikkhū āgaccheyyuṃ

    Kassapagotta œuvrait pour que les moines de bonne conduite qui n’étaient pas encore venus viennent, que ceux qui étaient venus vivent à l’aise, et que le monastère prospère. Quand des hôtes arrivaient, il allait à leur rencontre, préparait des sièges et de l’eau pour leurs pieds, prenait leurs bols et leurs robes, et s’occupait de l’eau, du bain et de la nourriture.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand quelqu’un de nouveau rejoint votre équipe, votre foyer ou votre communauté, c’est dans les premiers jours que les petites attentions comptent le plus, comme lui faire visiter les lieux et lui montrer où se trouvent les choses.

  2. 2

    Les hôtes restent parce qu’on prend bien soin d’eux Bhaddako kho ayaṃ āvuso āvāsiko bhikkhu

    Les moines de passage trouvaient le moine résident très bon, lui qui s’occupait du bain, du gruau, des collations et des repas ; ils acceptèrent donc de rester à Vāsabha.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Demandez-vous si vous aimez être avec quelqu’un ou quelque part parce que c’est vraiment bon, ou parce qu’on fait tout pour vous, afin de ne pas vous sentir trahi quand cette attention diminue.

  3. 3

    S’arrêter quand il est temps de s’arrêter Dukkaraṃ kho pana parakulesu yāvajīvaṃ ussukkaṃ kātuṃ

    Une fois que les hôtes se furent remis du voyage et qu’ils connurent le chemin de la tournée d’aumônes, Kassapagotta réfléchit qu’il est difficile de continuer toute sa vie à faire des démarches auprès de familles qui ne sont pas les siennes, et que demander déplaît aux gens. Il cessa donc de s’occuper du gruau, des collations et des repas.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    L’aide des premiers temps doit amener l’autre à prendre soin de lui-même. Une fois qu’il peut se débrouiller seul, prendre du recul n’est pas un manque de bonté, surtout quand continuer commence à peser sur d’autres.

  4. 4

    La bonté prise pour un devoir Duṭṭhodānāyaṃ āvuso āvāsiko bhikkhu

    Les hôtes dirent que le moine résident s’occupait de tout auparavant et qu’il avait arrêté, et qu’il était donc devenu mauvais. Ils se réunirent et lui dirent qu’il avait commis une faute ; quand il répondit qu’il ne voyait aucune faute, ils le suspendirent pour ne pas voir sa faute.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous éprouvez du ressentiment parce que quelqu’un a cessé de faire quelque chose d’agréable pour vous, demandez-vous d’abord si c’était vraiment son devoir, ou une bonté à laquelle vous vous étiez tellement habitué que vous l’aviez oublié.

  5. 5

    Dans le doute, il interrogea celui qui savait Ahaṃ kho etaṃ na jānāmi

    Kassapagotta pensa qu’il ne savait pas si c’était une faute, s’il avait vraiment été suspendu, ni si c’était légitime. Il rangea donc son logement, prit son bol et sa robe, et se rendit à Campā pour interroger le Bouddha. Le récit ne dit pas qu’il se soit disputé avec ceux qui l’avaient suspendu.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous êtes accusé et ne savez pas si vous êtes en faute, ne vous précipitez ni pour riposter ni pour avouer. Consultez une personne neutre qui connaît les règles.

  6. 6

    Juger sur les faits Anāpatti esā bhikkhu nesā āpatti

    Le Bouddha l’accueillit, prit de ses nouvelles et écouta toute l’histoire, puis jugea que ce n’était pas une faute, qu’il n’en avait pas commis, et que la suspension était illégitime et injustifiée ; il devait retourner vivre à Vāsabha. Plus tard, le Bouddha établit que les moines ne doivent pas suspendre un moine pur sans faute, sans fondement ni raison.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous devez régler un conflit à la maison ou au travail, écoutez d’abord tout, puis demandez-vous si une règle ou un accord a réellement été enfreint, plutôt que de juger d’après le sentiment qu’« il n’est plus comme avant ».

  7. 7

    Reconnaître sa faute, c’est grandir Vuḍḍhi hesā bhikkhave ariyassa vinaye

    Les moines de passage éprouvèrent du remords d’avoir suspendu sans raison un moine pur ; ils allèrent donc trouver le Bouddha. Il les réprimanda pour avoir agi de façon inappropriée. Ils se prosternèrent à ses pieds et avouèrent avoir agi par sottise. Le Bouddha accepta leur aveu et dit que celui qui voit une transgression comme une transgression, la répare selon le Dhamma et se retient à l’avenir, c’est là une croissance dans la discipline des êtres nobles.

    L’appliquer dans la vie quotidienne

    Quand vous vous rendez compte que vous avez accusé quelqu’un à tort, présentez-lui vos excuses, ou faites-le devant ceux qui sont au courant ; ne laissez pas l’affaire s’éteindre dans le silence. Reconnaître sa faute, c’est grandir, non perdre la face.

À essayer dans la vie quotidienne

C’est une situation très familière dans la vie réelle. Quelqu’un qui en faisait plus que son devoir s’arrête un jour, et son entourage se sent lésé, alors que ce qu’il recevait était une bonté et non un dû, comme un collègue qui avait l’habitude de remplacer les autres ou un proche qui gardait les enfants gratuitement.

Kassapagotta offre lui aussi une leçon. Il n’accepta pas une accusation qu’il ne jugeait pas fondée, mais il admit aussi qu’il n’en était pas certain. Il alla demander à quelqu’un capable de juger équitablement.

La fin compte tout autant : ceux qui avaient mal jugé l’admirent franchement, et le Bouddha dit que c’est là une croissance, non un déshonneur.

Sources dans le Tipiṭaka

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