— Écoute cela, Ananda, et fais bien attention, je vais parler. — Oui, Bhanté», répondit le vénérable Ananda. Le Fortuné dit : «Et comment, Ananda, la concentration au moyen de la présence de l’esprit sur la respiration est-elle développée et cultivée abondamment de manière à porter beaucoup de fruits et apporter de grands bienfaits ? En cela, Ananda, un mendiant, s’étant rendu dans la forêt, au pied d’un arbre ou dans un local vide, s’assoit jambes croisées, maintenant (son) corps droit, et mettant en place (sa) présence d’esprit entre le nez et la bouche. Étant ainsi présent d’esprit, il inspire, étant ainsi présent d’esprit, il expire ; lorsqu’il inspire profondément, il discerne : «j’inspire profondément» ; lorsqu’il expire profondément, il discerne : «j’expire profondément» ; lorsqu’il inspire superficiellement, il discerne : «j’inspire superficiellement» ; lorsqu’il expire superficiellement, il discerne : «j’expire superficiellement». Il s’entraîne : «je vais inspirer en ressentant le corps tout entier» ; il s’entraîne : «je vais expirer en ressentant le corps tout entier» ; il s’entraîne : «je vais inspirer en calmant les constructions corporelles» ; il s’entraîne : «je vais expirer en calmant les constructions corporelles». Il s’entraîne : «je vais inspirer en ressentant l’exaltation» ; il s’entraîne : «je vais expirer en ressentant l’exaltation» ; il s’entraîne : «je vais inspirer en ressentant le bien-être» ; il s’entraîne : «je vais expirer en ressentant le bien-être» ; il s’entraîne : «je vais inspirer en ressentant les constructions de l’esprit» ; il s’entraîne : «je vais expirer en ressentant les constructions de l’esprit» ; il s’entraîne : «je vais inspirer en calmant les constructions de l’esprit» ; il s’entraîne : «je vais expirer en calmant les constructions de l’esprit». Il s’entraîne : «je vais inspirer en ressentant l’esprit» ; il s’entraîne : «je vais expirer en ressentant l’esprit» ; il s’entraîne : «je vais inspirer en réjouissant l’esprit» ; il s’entraîne : «je vais expirer en réjouissant l’esprit» ; il s’entraîne : «je vais inspirer en concentrant l’esprit» ; il s’entraîne : «je vais expirer en concentrant l’esprit» ; il s’entraîne : «je vais inspirer en délivrant l’esprit» ; il s’entraîne : «je vais expirer en délivrant l’esprit». Il s’entraîne : «je vais inspirer en contemplant l’impermanence» ; il s’entraîne : «je vais expirer en contemplant l’impermanence» ; il s’entraîne : «je vais inspirer en contemplant le désintéressement» ; il s’entraîne : «je vais expirer en contemplant le désintéressement» ; il s’entraîne : «je vais inspirer en contemplant la cessation» ; il s’entraîne : «je vais expirer en contemplant la cessation» ; il s’entraîne : «je vais inspirer en contemplant la renonciation» ; il s’entraîne : «je vais expirer en contemplant la renonciation». Voici, Ananda, comment la concentration au moyen de la présence de l’esprit sur la respiration est développée et cultivée abondamment de manière à porter beaucoup de fruits et apporter de grands bienfaits. Au moment, Ananda, où un mendiant, lorsqu’il inspire profondément, comprend : ’j’inspire profondément» ; où lorsqu’il expire profondément, il discerne : «j’expire profondément» ; où lorsqu’il inspire superficiellement, il discerne : «j’inspire superficiellement» ; où lorsqu’il expire superficiellement, il discerne : «j’expire superficiellement», où il s’entraîne : «je vais inspirer en ressentant le corps tout entier» ; où il s’entraîne : «je vais expirer en ressentant le corps tout entier» ; où il s’entraîne : «je vais inspirer en calmant les constructions corporelles» ; où il s’entraîne : «je vais expirer en calmant les constructions corporelles», à ce moment-là le mendiant reste à observer le corps dans le corps, ardent, doué d’un discernement attentif, présent d’esprit, ayant abandonné convoitise et déplaisance mentale vis-à-vis du monde. Et quelle en est la raison ? Je parle, Ananda, de l’inspiration-et-expiration comme d’un certain corps. C’est pourquoi, Ananda, à ce moment-là, un mendiant reste à observer le corps dans le corps, ardent, doué d’un discernement attentif, présent d’esprit, ayant abandonné convoitise et déplaisance mentale vis-à-vis du monde.